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Deux ans déjà que ma vie a changé en automne

Cela fait quelques temps que je n’ai pas repris ma “plume” – faute de temps principalement – mais j’ai souhaité vous faire un article pour revenir sur cette période d’automne qui est devenue un peu spéciale pour moi, il y a déjà 2 ans. En effet, je suis tombée enceinte mi-octobre 2017, et je l’ai appris seulement trois semaines après, début novembre de la même année. Depuis, chaque année à la même période, je ressens ce petit quelque chose, que je ne ressentais pas auparavant ; une émotion particulière, qui me saisit toute entière.

Je fais partie de ces femmes chanceuses, qui sont tombées enceinte du premier coup ; 1 mois seulement après l’arrêt de ma pilule pour ma part. Pour être honnête, j’avais très peur (contrairement à mon mari qui était plus confiant) de mettre un temps fou à porter la vie et cela m’angoissait énormément car je ne savais pas comment j’allais vivre cette attente. Lorsque l’on décide d’avoir un enfant, l’envie se fait de plus en plus grande chaque jour et se demander quand est-ce que cela prendra peut vite devenir insupportable. Je me souviens que j’en rêvais et que j’imaginais déjà notre famille. Ces douces images m’accompagnaient quasi-quotidiennement, dans chacun de mes faits et gestes et habitaient mes pensées. Je me projetais énormément, au point parfois de m’en rendre triste. C’est comme ça que j’ai su que le temps était venu pour moi de devenir maman. Pour mon mari, c’était assez différent car il se sentait prêt depuis un moment ; ce qui n’était pas mon cas. En effet et comme je l’ai déjà expliqué dans un article sur ma grossesse, j’ai la phobie des prises de sang et des aiguilles et cela m’empêchait littéralement d’envisager une grossesse. J’ai donc dû travailler longtemps sur moi, en me faisant accompagner. Puis un jour, le déclic était là – en cohabitation difficile avec cette fichue phobie. Mon désir d’enfant l’a emporté et je me suis fait violence pour le reste.

Lorsque j’ai découvert que j’étais enceinte, c’était un dimanche matin. Toute la journée précédente, j’avais attendu cette matinée pour faire enfin mon test car je me doutais que j’étais enceinte (en tout cas, je l’espérais plus que tout). La nuit avait été compliquée et mon sommeil, agité, car je me posais mille et une questions ; j’avais tellement hâte de savoir ! A l’apparition de la deuxième barre – quasiment instantanément – une vague d’émotions m’a traversée en quelques secondes à peine : la joie, la peur, l’étonnement, l’incertitude. Je ne réalisais pas, mais j’étais tellement heureuse ! J’ai profité de ces minutes à être seule, avec ce petit bébé déjà en moi, à qui j’ai parlé, comme pour me rassurer. Je pleurais, frissonnais mais voulais absolument me ressaisir pour ménager un petit effet de surprise au moment de l’annonce à mon mari (d’ailleurs, je ne sais pas comment font celles qui ne le disent pas tout de suite pour préparer des annonces de folie au papa car personnellement, le lui faire savoir me brûlait les lèvres !). Dès que je lui ai dis, mon mari est aussi devenu ému et m’a prise dans ses bras. L’aventure était lancée, nous allions être parents !

Deux ans après, je m’aperçois que je repense sans cesse à ces moments si intenses, à cette époque de l’année. J’essaie de me souvenir de mes ressentis, de mes inquiétudes et de mes interrogations. Je me rappelle de presque tout même si j’avoue qu’aujourd’hui, je vois surtout les choses sous un angle un peu différent. Devenir maman m’a beaucoup transformée et m’a appris à prendre du recul. Je ne sais pas dans quel état (émotionnel) je serai si un jour j’ai de nouveau la chance d’être enceinte, car cette phobie fait toujours partie de ma vie, malgré des prises de sang mensuelles pour le contrôle de la toxoplasmose, des séjours aux urgences obstétriques, une péridurale et la pose d’un cathéter ! Quoiqu’il en soit, je m’aperçois que j’étais pétrifiée à l’idée de ne pas y arriver, de ne pas savoir accoucher (oui, oui, j’ai douté de ne pas en être capable), de ne pas être une bonne maman – et j’en passe – mais qu’au final, tout s’est fait. J’ai porté mon bébé pendant presque 9 mois (non sans peine), j’ai accouché, j’ai allaité 6 mois et je m’en suis sortie. J’ai souri, j’ai ri, pleuré également mais je suis aujourd’hui maman. Ce n’est pas toujours simple, j’en conviens, et on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre lorsque l’on projette d’avoir un enfant. Cependant, je ne regrette rien et je suis heureuse du chemin accompli. Voir mon enfant s’épanouir, progresser un peu plus chaque jour, l’entendre rire et m’appeler “Ma-man”, me rendent tellement fière, que je n’échangerais ma place pour rien au monde.

Parfois, je n’ai pas le moral car ma vie professionnelle a connu quelques rebondissements et autres imprévus cette année, qui m’ont beaucoup impactée – et pas forcément d’une façon positive. Heureusement que j’ai ces temps en famille si précieux, avec mon fils et mon mari, pour me permettre de tenir le coup et de relativiser un peu sur ma situation lorsque cela ne va pas. C’est absolument dingue comme mon état d’esprit change dès que je passe la porte de la maison en rentrant du travail le soir, et que je vois mon petit Paul, tout sourire, qui marche très vite en me tendant les bras pour venir me rejoindre ! Je me sens d’un coup plus légère, à ma place, et tellement aimée. Je n’aurais jamais cru ressentir autant d’amour et être capable de me détacher du reste pour ne me concentrer que sur ça. Je mesure la chance que j’ai de vivre tous ces moments et espère qu’un jour (mais pas tout de suite hein), Paul sera grand frère. En attendant, je profite de chaque instant avec lui et continue de me remémorer, comme cela est le cas actuellement, le chemin parcouru depuis notre décision de devenir parents, et laisse la fierté m’envahir, d’y être parvenus.

– Jude

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