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Découvrez mon portrait, par Charlotte d’Enfance Joyeuse !

Il y a quelques mois, je suis entrée en contact avec Charlotte, qui tient le blog Enfance Joyeuse. Educatrice de jeunes enfants, elle est régulièrement à la recherche de mamans (et de futures mamans) souhaitant partager leur expérience ou apporter leur témoignage sur un sujet ou une situation qu’elles ont vécue ou dont elles ont envie de parler, tout simplement. Pour l’élaboration de mon portrait, j’ai proposé plusieurs thèmes à Charlotte, qui a opté pour la charge mentale, vu sous l’angle de la maternité. Ce sujet n’est pas toujours abordé et est encore même un peu tabou. En effet, la société pousse les femmes à cacher leurs émotions et à agir comme de véritables machines, capables d’allier vie personnelle et vie professionnelle sans faiblir et surtout, sans se plaindre. Armées de leur masque social reflétant la perfection pour faire bonne figure, elles sont pourtant loin d’être toujours épanouies et sombrent parfois petit à petit dans un cercle vicieux, façon Bree Van de Kamp.

Encore aujourd’hui, j’entends beaucoup de discours moralisateurs et très culpabilisants pour les mamans, qui tentent pourtant de tout mener de front en faisant de leur mieux. Qui n’a jamais été confronté à ce genre de préjugés : “Une mère qui ne reprend pas le travail est une faignante” ; “Une mère qui reprend trop rapidement le travail est une mauvaise mère, pas suffisamment impliquée dans l’éduction de ses enfants” ; “Une mère doit être une épouse exemplaire, une bonne ménagère, être apprêtée, s’occuper de ses enfants et aller travailler avec le sourire”. AU SECOURS ! En réalité, les mentalités n’ont pas tellement évolué et le changement est long à s’opérer. La femme en fait toujours autant à la maison (avec l’aide de la personne avec qui elle vit généralement, et heureusement) mais elle travaille en plus – contrairement à avant. Il repose sur elle une pression permanente car elle doit toujours tout gérer ; penser à tout et anticiper toutes les situations. Certaines femmes le vivent très bien mais ce n’est pas la majorité car nous sommes avant tout des êtres humains, faillibles et qui avons besoin de repos (même si dans les faits, se reposer “physiquement” est souvent mission impossible avec un enfant !).

Ce qui me gêne au fond, c’est que bon nombre de femmes sont amenées à vivre d’une façon qu’elle n’ont pas vraiment choisie, à cause de la pression sociale et/ou familiale. Or, qui est mieux placé que soi-même pour prendre une décision sur sa manière de vivre, d’élever ses enfants, d’appréhender son couple ? Chacun fixe son mode de vie et ses objectifs mais généralement, l’idée est quand même d’être heureux ! Je déplore donc ce manque de bienveillance entre les gens (et surtout entre les femmes entre elles …) et leurs jugements hâtifs aux conséquences trop souvent dommageables. Je m’éloigne un peu du sujet de base mais tout est intrinsèquement lié finalement. Le problème reste qu’il est difficile pour une femme, qui plus est une jeune maman, de parler de sa charge mentale (et surtout de sa façon de la vivre), sans passer pour une “petite nature” et être jugée, stigmatisée. De plus, en parler revient de facto à accepter d’être dans une situation de faiblesse (voire parfois même de détresse), ce qui est loin d’être facile – alors qu’au fond, c’est très courageux. On pourrait me répondre que le regard des autres importe peu ou encore qu’il est dommage de souffrir en silence – bien que cela soit vrai sur le fond – mais la réalité est plus complexe. Il faut tout d’abord parvenir à identifier la cause du mal-être et réussir à mettre des mots sur des maux.

Personnellement, j’ai eu extrêmement de mal, lorsque je suis devenue maman, à accepter ma défaillance. Totalement épuisée physiquement en raison du manque de sommeil, je me rajoutais une charge mentale énorme car je voulais tout gérer pour montrer que j’en étais capable. J’aspirais à être cette maman parfaite, jolie quand elle sort, avec un intérieur impeccable et un bébé géré. Sauf que très rapidement, mon corps m’a lâchée et je ne me reconnaissais plus. Je ne voulais pas être cette personne que je voyais dans le miroir ; une jeune femme triste, à bout de nerfs. Heureusement, Cédric m’a fait parler (car je refusais complètement de l’admettre au début) et nous avons pu améliorer la situation. J’ai accepté de lâcher prise, de déléguer et de ne pas tout contrôler afin de me reposer et de reprendre mes esprits. Encore aujourd’hui et bien qu’il m’aide au quotidien, j’ai facilement le réflexe de dire que je vais faire – alors même qu’il pourrait en être autrement – ce qui contribue à accroître cette charge mentale déjà bien omniprésente. Je ne saurais pas dire s’il s’agit d’habitude ou d’un réel besoin de contrôle. Toujours est-il que je suis régulièrement fatiguée mentalement ; ce qui est pire que de la fatigue physique car le sommeil ne permet pas de récupérer de la même façon et ne suffit généralement pas à lui seul.

Après avoir un peu (beaucoup) introduit le sujet, j’espère que vous apprécierez ce portrait autant que le site Hello Coton – qui en a fait son article Coup de cœur de la rubrique Familles 💕 Quoiqu’il en soit, j’ai pris beaucoup de plaisir à répondre aux questions de Charlotte, que je remercie une nouvelle fois, et dont j’aime lire les articles régulièrement. Je partage bon nombre de valeurs et de principes éducatifs qu’elle véhicule et suis sensible aux témoignages qu’elle recueille ; toujours pertinents ! J’espère avoir un jour l’opportunité de faire “réellement” sa connaissance 🙂

Cliquez ici pour découvrir le portrait, dont je vous souhaite bonne lecture !

A bientôt !

– Jude

3 Comments

  • Laetitia

    Paradoxalement, ça fait du bien a lire… et aussi du mal. Du bien de ne pas se sentir seule à se sentir dépasser dans son quotidien, à vouloir tout assumer à tout prix. Et du mal de voir que de nos jours, le rôle de mère en soit rester au rang moyenâgeux de la bonne/garde d’enfant /maîtresse.
    Merci en tout cas d’aborder le sujet. Je me rend bien compte que finalement, qu’on l’admette on non, on est toute pareille à vouloir être parfaite… jusqu’au jours où on décide de s’en foutre. 😊

    • Jude

      Merci Laëtitia 😊 Oui, je comprends tout à fait ce que tu veux dire. Beaucoup de femmes passent par là malheureusement et le gèrent plus ou moins bien ! Tu as raison, mais le lâcher prise est plus souvent facile à dire qu’à faire 😉😘

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