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Laisser bébé chez nounou : l’angoisse de la première séparation !

Depuis ma grossesse, je savais qu’un jour, il me faudrait mettre Paul en nourrice, au moment de la reprise de mon activité et cela m’angoissait beaucoup. Alors même que certaines mamans n’y sont pas du tout prêtes ou qu’elles n’en n’ont pas envie tout simplement, la société nous contraint à laisser notre tout-petit à 2 mois et demi (soit 10 semaines, durée légalement prévue). Personnellement, il était inconcevable pour moi de confier Paul quotidiennement aussi petit et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai quitté mon emploi (en plus du fait que les relations avec ma hiérarchie n’étaient plus au beau fixe depuis ma grossesse …). J’ai donc décidé de rester quelques mois supplémentaires avec bébé, en me fixant comme objectif d’attendre ses six mois avant de reprendre le travail.

Côté mode de garde, nous n’avions pas tellement le choix car, habitant à la campagne, nous n’étions pas du tout prioritaires pour une place en crèche et cela n’était de toute façon pas pratique pour nous d’un point de vue géographique. C’est d’ailleurs assez frustrant de ne pas avoir de crèche en milieu rural et d’être contraint à forcément mettre son enfant en nourrice – ce qui peut s’avérer rebutant notamment s’agissant des jours de congés à planifier d’avance, alors même que l’on ne sait pas encore si les dates vont être acceptées par nos employeurs respectifs ! Quoiqu’il en soit, je ne me suis pas tout de suite penchée sur la recherche d’une nourrice car j’estimais avoir assez de temps devant moi et surtout, je pense qu’inconsciemment, je n’y étais pas encore prête.

A la fin de l’été, alors que je me baladais avec Paul en poussette, j’ai vu une jolie affiche sur laquelle il était inscrit qu’une assistante maternelle allait emménager dans mon village d’ici décembre. Je l’ai donc prise en photo en me disant que cela pourrait peut-être me servir lorsque je commencerais mes recherches. En parallèle, j’avais téléphoné au Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) afin d’obtenir la liste de toutes les assistantes maternelles situées à proximité de chez moi – liste qui comprend les coordonnées, l’adresse, le nombre d’agrément et les disponibilités de chacune. Puis, j’ai conservé précieusement toutes ces informations, sans réellement les consulter ; procrastinant toujours sur le sujet ! En novembre, je me suis décidée à décrocher mon téléphone et j’ai pris contact avec la nourrice de l’affichette. J’ai tout de suite eu un bon contact avec cette personne et, au fond de moi, je savais déjà que c’était elle ! Nous avons convenu d’une rencontre à la fin du mois et, avec Cédric, nous sommes sortis en sachant que nous l’avions déjà trouvé. Cela peut paraître assez incroyable mais nous faisons beaucoup confiance à notre instinct et à nos ressentis pour guider nos choix. Ce jour-là, elle s’est imposée à nous comme une évidence : elle était calme, patiente et agréable, son intérieur était propre, lumineux et aménagé pour les enfants. Paul jouait déjà sur un tapis d’éveil avec des jeux pendant notre entretien et avait l’air comme chez lui ! Cela m’a rassuré et m’a ôté un énorme poids. Nous sommes très chanceux d’avoir trouvé aussi facilement et avons eu raison de laisser faire le destin 🙂

Une fois notre choix définitivement arrêté et la bonne nouvelle annoncée à nounou, nous nous sommes lancés dans l’interminable paperasse afférent au contrat de travail. Cette partie est clairement ho-rrible ! Il faut convenir de tout : date de prise d’effet, horaires d’accueil, congés, rémunération, autorisations, calculs, etc. En plus d’être un véritable casse-tête (notamment s’agissant des vacances), il n’est pas agréable de devoir anticiper toutes sortes de situations d’urgence, d’hospitalisation, etc. Une fois cette partie terminée, je me suis sentie assez libérée ; bien qu’un réel suivi administratif nous attende désormais avec son papa au quotidien pour les trois prochaines années (ce qui ne m’enchante pas des masses – vous l’aurez compris).

Côté rythme d’accueil, nous avons pu faire une adaptation longue (sur 10 jours calendaires) qui sert finalement davantage à la maman qu’à bébé ! Lui, ne se rendait pas compte de grand chose et s’est adapté à une vitesse incroyable. Quant à moi, cela a été un peu plus compliqué car il n’est pas facile de laisser son bébé à une inconnue (bien que professionnelle et expérimentée) … Les trois premiers jours, Paul ne restait que la matinée (de 9h à 12h) et j’étais présente au début et à la fin. J’avais tellement de retard dans mes tâches à la maison que je ne voyais pas le temps passer lorsqu’il était chez nounou ; ce qui a été bien différent dès le 4ème jour car nous avions intégré le repas du midi. Notre premier déjeuner sans Paul a été très étrange ! Tout était très calme à la maison et nous ne nous étions pas retrouvés seuls en tête-à-tête depuis très longtemps. Ensuite et à partir du 5ème jour, nous sommes passés sur des journées complètes chez la nourrice et j’ai progressivement commencé à prendre conscience que la machine était en marche. Lorsque je n’étais pas très occupée, Paul me manquait terriblement. En revanche et lorsque j’avais des choses à faire, j’appréciais un peu plus le fait de pouvoir déléguer – tout en sachant que mon bébé était en sécurité et que l’on s’occupait bien de lui. A mon sens, la période d’adaptation est indispensable. Elle m’a permis de déculpabiliser sur le fait de laisser mon fils à quelqu’un d’autre mais également de me rassurer. Du coup, je n’ai pas eu cette boule au ventre lorsque j’ai repris le travail car je savais que mon bébé était bien et qu’il était gardé par quelqu’un de fiable, qui prenait soin de lui comme il faut. Aussi, et comme la nourrice a deux enfants (de 5 ans et de 15 mois), je suis contente de savoir que Paul a désormais des petits copains avec qui jouer et partager. De plus, elle ne souhaite pas prendre d’autres enfants en garde pour le moment donc Paul est seul avec son plus petit garçon (car l’aîné est à l’école la journée).

Avant et pendant la période d’adaptation, je stressais énormément et cela me rendait malade ! Entre la mise chez nounou et la reprise du travail, mes angoisses étaient revenues et elles étaient très fortes. Ce n’est qu’avec le temps et en voyant que tout se passait bien, même quand je n’étais pas là, que j’ai compris que le moment était venu pour moi de reprendre mon activité, dans de bonnes dispositions. Pour être honnête, il est assez frustrant de confier son enfant et de voir que tout se déroule parfaitement sans vous ! Mais, en même temps, il est plaisant de se rendre compte que l’on en est capable et que lui, est en réalité très bien. A mon sens, il s’agit là d’une véritable étape, assez bouleversante tant les émotions partent dans tous les sens. Je me posais tellement de questions : et si nounou le fait tomber ? et si elle le secoue ? comment pourrais-je le savoir puisqu’il ne parle pas encore ? Et si Paul pense désormais que c’est elle sa maman ? et s’il est mieux chez elle que chez nous ? … J’étais complètement polluée par toutes ces interrogations et élaborais des tonnes de scénarios catastrophes dans ma tête. Bizarrement et en le mettant quotidiennement en garde, je ne vois plus les choses de la même façon. Je me dis qu’il en est ainsi car je dois travailler et je vois que mon bébé est très heureux le matin en arrivant chez nounou – signe que tout se passe pour le mieux. Dans le même temps, je constate qu’il me fait un accueil des plus chaleureux lorsque je rentre à la maison le soir et suis ravie à l’idée qu’il soit aussi heureux de me retrouver ; lui qui me manque tant parfois dans la journée. Finalement et bien que je déplore de ne pouvoir passer davantage de temps avec lui (seulement 1 petite heure le matin et 2 bonnes heures le soir), j’y ai trouvé un certain équilibre qui demande encore cependant quelques ajustements qui se feront avec le temps 😉

Au fond, je pense que l’essentiel est d’y aller à son rythme (surtout lorsqu’on le peut) et d’avoir confiance dans la (ou les) personne(s) à qui l’on confie son enfant ; qu’il s’agisse d’une nourrice, d’une grand-mère, d’une belle-mère ou encore d’une crèche ! Tout mode de garde a ses avantages et ses inconvénients ; c’est la raison pour laquelle il s’agit d’une décision aussi importante que personnelle et qu’elle doit être mûrement réfléchie afin de ne pas se sentir mal au quotidien en se demandant si son enfant est bien en notre absence. Me concernant et malgré le fait que l’administratif qui y soit lié me pèse, je suis très contente de notre nourrice qui est hyper bienveillante avec Paul tout en prenant bien soin de lui ; et c’est là le principal !

Et vous, quel système de garde avez-vous choisi ? Comment la séparation s’est-elle passée ? Racontez-moi !

– Jude


4 Comments

  • Laetitia

    🙈 Pour moi, la période d’adapration commence mi mars. Comme toi, mon choix s’est porté sur une Ass Mat. Et comme toi, c’est le destin qui l’a p’ace là. 😁 C’est la femme d’un ami à nous. Ce qui rassure énormément… mais ne facilite rien pour autant…

    • Jude

      Je ne doute pas que tout se passera pour le mieux ! C’est super de pouvoir identifier la personne et de connaître son entourage ; ce doit effectivement être plus rassurant. Je pense qu’en pareil cas, on essaie toutes de se raccrocher à tout ce que l’on peut 🙈 Merci pour ce retour 🙂

    • Jude

      Oui effectivement ; c’est tellement compliqué ! Mais je suis contente d’avoir passé cette étape car je dois reconnaître que cela fait du bien à Paul et que cela nous apprend à faire différemment 🙂

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