Blog,  Maternité

La fin de mon allaitement : un sevrage pour deux

Dès le début de mon allaitement, je savais bien qu’un jour, il serait temps d’arrêter. Ce jour est aujourd’hui venu et cela n’a pas été sans peine … Initialement et une fois la décision d’allaiter prise, je pensais poursuivre seulement un ou deux mois puis passer doucement au biberon. Or, les semaines et les mois sont passés (sans vraiment que je ne m’en rende compte) et j’ai repoussé l’échéance ; en me fixant une dead line aux six mois de Paul. Personnellement, j’aurais bien eu envie de prolonger encore un peu cette magnifique expérience mais avec la mise en nourrice et la reprise de mon activité professionnelle, cela commençait à devenir compliqué (je n’avais pas envie de tirer quotidiennement mon lait). Nous avons donc choisi, avec Cédric, de sevrer Paul en douceur, avant qu’il ne commence l’adaptation chez Nounou, pour ne pas lui imposer trop de changements en peu de temps.

Afin d’aller au bout de ma démarche (qui en est réellement une pour le coup et qui n’est pas du tout simple), je suis moi-même allée acheter le lait artificiel en poudre, le dimanche où nous avions décidé de commencer. Je n’étais absolument pas sereine et culpabilisais énormément de devoir arrêter. J’avais beau me dire que j’avais atteint l’objectif que je m’étais fixé, que ce serait plus simple avec notre nouveau rythme, que des milliers de bébés étaient au biberon, rien n’y faisait. Je me sentais terriblement mal et pas suffisamment préparée. Pour autant, je savais au fond de moi qu’il le fallait alors je me suis ressaisie pour tenter de ne pas craquer. Les premières tentatives de biberon ont été insupportables pour moi. C’est son papa qui lui donnait (afin qu’il ne sente pas mon lait) et je devais aller dans une autre pièce pour ne pas qu’il me réclame. J’entendais Paul hurler et je le voyais au loin se jeter littéralement en arrière en cherchant le sein. J’avais le cœur serré, en miettes, mais je savais encore une fois qu’il fallait tenir bon et qu’il s’agissait d’une étape incontournable.

Progressivement, Paul s’est mis a accepté davantage le biberon mais ne semblait pas apprécié le goût du lait artificiel. Il a continué à demander le sein pendant six jours après le début du sevrage ; je commençais donc à désespérer et à me dire que nous n’y arriverions jamais. Seule en journée avec bébé, la tâche se corsait pour moi et il était très difficile de lui faire comprendre que j’étais là, tout près de lui, mais que je ne lui proposerais pas le sein. J’ai alors eu l’idée de tirer mon lait une fois par jour et de le réserver au frais au cas où il refuserait le biberon. Cela a fonctionné pendant 3 jours et lui a permis de faire la transition avec le lait artificiel par la suite. Je pense que cette technique lui a été très bénéfique car elle lui a appris à s’habituer au biberon, tout en ne changeant pas son alimentation de façon drastique. Au final, il aura fallu sept jours complets à Paul pour stopper complètement les tétées. Parfois, il cherche encore le sein (essentiellement quand je lui donne le biberon) mais il ne hurle plus lorsqu’il ne le trouve pas. Pour ne pas totalement me décourager et voir sa progression, je me notais chaque jour ses prises de biberons (de lait artificiel et/ou maternel) avec les quantités ainsi que les éventuelles tétées (dont je voyais le nombre diminuer au fur à mesure).

Lorsque je lui ai donné le biberon pour la première fois (au bout de cinq jours), j’ai ressenti un mélange de fierté et de tristesse. D’un côté, j’étais très fière de lui car il parvenait à boire avec moi et bien correctement et de l’autre, je savais que la fin de l’allaitement était proche et que chacune de ses prochaines tétées serait peut-être la dernière. J’ai donc versé ma petite larme, sans que bébé ne s’en aperçoive, lui qui était concentré sur son nouveau breuvage ! Au fur et à mesure, je me suis habituée mais j’ai mis environ une dizaine de jours avant d’être bien à l’aise pour le lui donner. Je ne parvenais pas à trouver la bonne position et j’avais surtout la désagréable sensation qu’il y avait “quelque chose” entre nous qui n’était pas là avant. Cela me manque déjà beaucoup car j’aimais réellement l’avoir au sein. Je sais bien que lui aussi adorait cela mais il faut avancer et je ne comptais pas l’allaiter jusqu’à ses 18 ans ! Pour ma part, je suis convaincue que même si le sevrage était intervenu plus tard, cela n’aurait rien changé et que j’aurais ressenti exactement les mêmes émotions (manque, tristesse, culpabilité et nostalgie). Il faut simplement garder à l’esprit qu’après tout, l’allaitement, cette jolie parenthèse, ne reste qu’une étape, par la force des choses.

Peu importe les raisons qui nous poussent à le faire et qu’il s’agisse d’un choix ou non, la fin de l’allaitement n’est pas simple. Il faut notamment apprendre à faire et à donner des biberons, à connaître les quantités, à instaurer de nouvelles routines et à le faire accepter à son bébé (qui ne comprend alors pas tellement ce qu’il lui arrive) ainsi qu’à soi-même. Personnellement, j’avais déjà acheté des biberons avant sa naissance mais je n’avais pas de lait artificiel. Un peu désemparée, j’ai arpenté le rayon du supermarché avec mon téléphone portable pour comparer les différents produits proposés et me suis orientée vers un lait 2ème âge de relais sans huile de palme, enrichi en fer et en vitamine D, sans aluminium et conforme à la nouvelle règlementation européenne. S’agissant des quantités, la pédiatre m’avait indiqué que pour son âge et son gabarit, il lui faudrait des biberons de 210 ml – 240 ml au moins le matin et le soir. Pour le reste de la journée, j’ai fait au feeling, en écoutant l’appétit de mon tout-petit entre les repas à la cuillère et lui fait des petits biberons allant de 60 ml à 120 ml en fonction de ce qu’il a mangé avant.

Malgré toutes les difficultés et contraintes que représentent un allaitement (fatigue, ultra-disponibilité, etc.), je suis à la fois fière et reconnaissante d’avoir pu le faire et d’avoir de surcroît tenu pendant 6 mois. Comme toute nouvelle habitude (et surtout lorsque l’on y prenait plaisir), il faut appréhender le changement, ce qui n’est pas forcément facile. Rétrospectivement, je trouve que nous ne nous en sommes pas trop mal sortis pour un sevrage en sept jours (même si sur le moment, cela paraît toujours long). Par ailleurs, je dois dire que pour bébé, le terme “sevrage” a tout son sens car il s’agit véritablement de le faire “décrocher” d’un aliment et plus généralement d’une façon de s’alimenter, qu’il affectionnait énormément. Pour la maman aussi il s’agit d’un sevrage ; celui de ne plus sentir son tout-petit contre soi plusieurs fois par jour et devoir, d’une certaine façon, “couper le cordon”. Bien qu’il n’existe aucun protocole médical s’agissant du sevrage, je déplore quand même le manque d’accès à l’information sur le sujet ; c’est la raison pour laquelle j’ai souhaité partager ici mon expérience. Je me suis dis que j’aurais aimé être rassurée sur le temps que cela prend environ (même si chaque enfant est différent), connaître des petits trucs & astuces et savoir que d’autres sont passées par là aussi. En tout état de cause, je pense qu’il est important d’y aller à son rythme et de ne pas avoir peur de continuer à proposer son sein si bébé refuse catégoriquement le biberon. Il finira par y aller de lui-même, en l’y aidant et en lui expliquant calmement les changements qui sont en train de s’opérer. En pareil cas, la patience est mère de toutes les vertus et seul le temps permet de faire avancer les choses (et merci au papa car la patience n’est vraiment pas ma qualité première !).

Et vous, avez-vous connu le sevrage ? Avez-vous des astuces à partager pour aider d’autres mamans à passer ce cap ?

– Jude

4 Comments

  • vic

    Félicitation pour cette nouvelle étape franchis 🙂
    je te reconnais bien à avoir noté les biberons haha 😉
    A très vite <3

    • Jude

      Merci Victoria ! Oui, comme pour les tétées, je notais tout 🙈 D’ailleurs, j’avais emmené mon petit tableau à la pédiatre qui ne l’a pas regardé et qui m’a dit en souriant que cela ferait un joli souvenir pour Paul ah ah !

    • Jude

      Merci Charlotte ! Et oui, même plusieurs mois après, j’ai toujours ce petit pincement au coeur quand j’y repense 🙈 J’aimais tellement allaiter 💕

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *