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La fin de mon allaitement : un sevrage pour deux

Dans cet article très personnel, j’ai fait le choix de vous parler de la fin de mon allaitement. Le sevrage, comme il est appelé fréquemment, n’est pas une étape facile … Ni pour bébé, ni pour maman !

Dès le début de mon allaitement, je savais bien qu’un jour, il serait temps d’arrêter. Ce jour est aujourd’hui venu et cela n’a pas été sans peine … Quand j’ai pris la décision d’allaiter, je pensais le faire seulement un ou deux mois et passer doucement au biberon. Or, les semaines et les mois ont passés sans vraiment que je ne m’en rende compte. Chaque jour, je repoussais l’échéance mais je m’étais fixé une dead line aux six mois de Paul. Personnellement, j’aurais bien eu envie de prolonger encore un peu cette magnifique expérience. Mais, avec la mise en nourrice et la reprise du travail, cela s’annonçait compliqué. Je n’avais pas envie de tirer quotidiennement mon lait, et encore moins sur mon lieu de travail. Nous avons donc choisi, avec Cédric, de sevrer Paul en douceur, avant l’adaptation chez Nounou . Cela nous semblait être la période la plus propice pour ne pas lui imposer trop de changements en peu de temps.

Pour aller au bout de ma démarche, je suis moi-même allée acheter le lait artificiel lorsque nous avions décidé de commencer. Parler de “démarche” n’est pas exagéré ; c’en est réellement une et cela n’est pas du tout simple. Je n’étais absolument pas sereine et culpabilisais énormément de devoir arrêter. J’avais beau me dire que j’avais atteint l’objectif que je m’étais fixé, que ce serait plus simple avec notre nouveau rythme, que des milliers de bébés étaient au biberon, rien n’y faisait. Je me sentais terriblement mal et pas suffisamment préparée. Pour autant, je savais au fond de moi qu’il le fallait. Je me suis donc ressaisie pour tenter de ne pas craquer. Les premières tentatives de biberon ont été insupportables pour moi. C’est son papa qui lui donnait afin qu’il ne sente pas mon lait. J’étais obligée d’aller dans une autre pièce pour ne pas qu’il me réclame. J’entendais Paul hurler et je le voyais au loin se jeter littéralement en arière en cherchant le sein. J’avais le cœur serré, en miettes, mais je savais qu’il fallait tenir bon et qu’il s’agissait d’une étape incontournable.

Progressivement, Paul s’est mis a accepté davantage le biberon mais ne semblait pas apprécié le goût du lait artificiel. Il a continué à demander le sein pendant six jours après le début du sevrage ; je commençais donc à désespérer et à me dire que nous n’y arriverions jamais. Seule en journée avec bébé, la tâche se corsait et il était très difficile de lui faire comprendre que j’étais là, mais que je ne lui proposerais pas le sein. J’ai alors eu l’idée de tirer mon lait une fois par jour et de le réserver au frais au cas où il refuserait le biberon. Cela a fonctionné pendant 3 jours et lui a permis de faire la transition avec le lait artificiel par la suite. Je pense que cette technique lui a été très bénéfique. Elle lui a appris à s’habituer au biberon, tout en ne changeant pas son alimentation du tout au tout. Au final, il aura fallu sept jours complets à Paul pour stopper complètement les tétées. Parfois, il cherche encore le sein mais il ne hurle plus lorsqu’il ne le trouve pas. Pour ne pas totalement me décourager et voir sa progression, je me notais chaque jour ses prises de biberons (de lait artificiel et/ou maternel) avec les quantités ainsi que les éventuelles tétées (dont je voyais le nombre diminuer au fur à mesure).

Lorsque je lui ai donné le biberon pour la première fois (au bout de cinq jours), j’ai ressenti un mélange de fierté et de tristesse. D’un côté, j’étais très fière de lui car il parvenait à boire avec moi. Mais de l’autre, je savais que la fin de l’allaitement était proche. Je savais aussi que chacune de ses prochaines tétées serait peut-être la dernière. J’ai donc versé ma petite larme, sans que bébé ne s’en aperçoive, lui qui était concentré sur son nouveau breuvage ! Au fur et à mesure, je me suis habituée mais j’ai mis une dizaine de jours avant d’être bien à l’aise pour le lui donner. Je ne parvenais pas à trouver la bonne position pour être à l’aise. J’avais surtout la désagréable sensation qu’il y avait “quelque chose” entre nous qui n’était pas là avant. Cela me manque déjà beaucoup car j’aimais réellement l’avoir au sein. Lui aussi adorait cela mais il faut avancer et je ne comptais pas l’allaiter jusqu’à ses 18 ans ! Pour ma part, je suis convaincue que même si le sevrage était intervenu plus tard, cela n’aurait rien changé pour moi. J’aurais ressenti exactement les mêmes émotions (manque, tristesse, culpabilité et nostalgie). Il faut simplement garder à l’esprit qu’après tout, l’allaitement n’est forcément qu’une étape, par la force des choses. C’est une jolie parenthèse de la maternité.

Peu importe les raisons qui nous poussent à le faire, la fin de l’allaitement est difficile. Et cela veut qu’il s’agisse d’un choix ou non. Il faut apprendre à faire et à donner des biberons, à connaître les quantités, à instaurer de nouvelles routines et à le faire accepter à son bébé (qui ne comprend alors pas tellement ce qu’il lui arrive) ainsi qu’à soi-même. Personnellement, j’avais déjà acheté des biberons avant sa naissance mais pas de lait artificiel. Un peu désemparée, j’ai arpenté le rayon du supermarché avec mon portable pour comparer les différents produits. Je me suis orientée vers un lait 2ème âge de relais sans huile de palme, enrichi en fer et en vitamine D, sans aluminium et conforme à la nouvelle réglementation européenne. Pour les quantités, la pédiatre m’avait indiqué que pour son âge et son gabarit, il lui faudrait des biberons de 210 ml – 240 ml au moins le matin et le soir. Pour le reste de la journée, j’ai fait au feeling, en écoutant l’appétit de Paul entre les repas à la cuillère. Je lui fais des biberons allant de 60 ml à 120 ml en fonction de ce qu’il a mangé avant.

Malgré toutes les difficultés et contraintes de l’allaitement (cf. mon article à ce sujet), je suis à la fois fière et reconnaissante d’avoir pu le faire et d’avoir de surcroît tenu 6 mois. Comme toute nouvelle habitude, il faut apprivoiser le changement. Cela n’est pas forcément facile et surtout lorsque l’on y prenait plaisir. Rétrospectivement, je trouve que nous ne nous en sommes pas trop mal sortis ! Le sevrage a duré sept jours mais sur le moment, cela m’a paru une éternité. Pour bébé, le terme “sevrage” a tout son sens. Il s’agit véritablement de le faire “décrocher” d’un aliment et plus généralement d’une façon de s’alimenter, qu’il affectionnait énormément. Pour la maman aussi il s’agit d’un sevrage ; celui de ne plus nourrir son tout-petit en le serrant contre elle et devoir, d’une certaine façon, “couper le cordon”.

Il n’existe aucun protocole médical s’agissant du sevrage car chaque enfant est différent. Cependant, je déplore quand même le manque d’accès à l’information sur le sujet. C’est surtout la raison pour laquelle j’ai souhaité partager ici mon expérience. J’avais trouvé quelques informations intéressantes dans cet article de La Leche League. N’ayant pas d’anciennes allaitantes dans mon entourage, je n’avais personne vers qui me tourner pour poser mes questions. J’aurais aimé être rassurée sur le temps que cela prend, connaître des trucs & astuces et savoir que d’autres sont passées par là aussi. Je pense qu’il est important d’y aller à son rythme. Il ne faut pas avoir peur de continuer à proposer son sein si bébé refuse catégoriquement le biberon. Il finira par y aller de lui-même, en l’y aidant et en lui expliquant calmement les changements qui sont en train de s’opérer. La patience est mère de toutes les vertus et seul le temps permet de faire avancer les choses. Personnellement, je remercie également le papa d’avoir été là car la patience n’est vraiment pas ma qualité première !

Et vous, avez-vous connu le sevrage ? Avez-vous des astuces à partager pour aider d’autres mamans à passer ce cap ? N’hésitez pas à répondre en commentaires !

– Jude

6 Comments

  • vic

    Félicitation pour cette nouvelle étape franchis 🙂
    je te reconnais bien à avoir noté les biberons haha 😉
    A très vite <3

    • Jude

      Merci Victoria ! Oui, comme pour les tétées, je notais tout 🙈 D’ailleurs, j’avais emmené mon petit tableau à la pédiatre qui ne l’a pas regardé et qui m’a dit en souriant que cela ferait un joli souvenir pour Paul ah ah !

    • Jude

      Merci Charlotte ! Et oui, même plusieurs mois après, j’ai toujours ce petit pincement au coeur quand j’y repense 🙈 J’aimais tellement allaiter 💕

  • Elodie

    Ton récit m’a mis la larme à l’oeil. Sûrement parce que le sevrage, j’y ai pensé plein de fois… lorsque j’étais à bout de force, épuisée, pensant que ce serait la solution … et puis la faire téter en me disant que ce serait une des dernières tétées me rendait si triste. Je ne suis pas prête pour le moment et ma fille non plus. En 14 mois nous avons traversé tellement de choses que le sein lui a permis de surmonter… 6 mois d’allaitement c’est très beau en tout cas, bravo .Merci pour ton émouvant témoignage .

    • Jude

      Merci beaucoup Elodie pour ton commentaire et ton témoignage ! 14 mois d’allaitement, c’est super ! Parfois, cela me manque terriblement et j’ai la sensation que Paul s’en souvient encore car il lui arrive de chercher ma poitrine. Mais je sais que cette aventure, si intense, est désormais derrière nous. Le sevrage n’est pas simple même s’il est un passage “obligé” à un moment ou à un autre … Chacun son rythme et tout ira bien 😘

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