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Ma grossesse, à cœur ouvert

Vaste sujet que celui de la grossesse ! Pour autant, il me semble indispensable d’en parler ici car cette période a littéralement changé ma vie, ma vision des choses et m’a fait apprendre beaucoup sur moi-même – sans doute bien plus que je ne l’aurais jamais cru.

Tout d’abord, elle m’a permis de surmonter ma plus grande phobie, à savoir celle des piqûres et plus particulièrement des prises de sang. Cela peut paraître futile pour le plus grand nombre et pourtant, je suis terrorisée par ce type d’examen. Ce n’est pas une question de douleur car je concède volontiers que cela ne fait pas mal. C’est personnellement une histoire de geste, celui de prendre quelque chose dans mon corps avec une aiguille. De plus, je ne supporte pas que l’on me touche les veines de l’avant-bras et ce, depuis très longtemps. Cette phobie était telle que j’ai consulté un psychologue et eu recours à de l’hypnothérapie (ce que j’assume complètement car j’estime ne pas à en avoir honte) afin de pouvoir un peu plus la “dompter”. Elle a même reculé l’arrêt de ma contraception car je souhaitais avoir un enfant mais étais terrifiée à l’idée de ne pouvoir effectuer les examens médicaux liés à une grossesse. Au bout d’un an, quand l’envie a définitivement pris le pas sur la phobie, j’ai arrêté la pilule et suis tombée enceinte tout de suite. Lorsque j’ai appris ma grossesse, au bout de 3 semaines seulement, j’étais à la fois heureuse et paniquée ! Je suis donc aller voir mon gynécologue, qui était au courant de mon problème (car il me suit depuis longtemps) et qui m’a fait une échographie pelvienne pour confirmer ma grossesse. Je suis repartie du rendez-vous avec une émotion si intense (car nous avions eu la chance d’entendre déjà son petit cœur, qui clignotait sur l’écran de l’échographe)  … et une ordonnance pour la fameuse prise de sang (là, je faisais un peu moins la maline) ! Je n’ai pas pu aller seule à la première et Cédric (mon copain) m’a accompagnée. Bilan des courses, absence d’immunité à la toxoplasmose et obligation de contrôle sanguin tous les mois (en plus d’un au revoir à la charcuterie et au délicieux saumon cru des sushis) ! A ce moment là, j’étais vraiment persuadée que je n’y arriverais jamais et pourtant, je les ai toutes faites et j’ai même fini par y aller seule – non sans une grande appréhension, mélangée à une immense fierté 🙂 Les techniciennes du laboratoire où j’allais ont fait preuve de beaucoup de compréhension et de patience et se rendaient bien compte de l’effort que cela représentait pour moi (je me suis même fait féliciter par l’une d’entre elles après mon accouchement !).

Ensuite, j’ai dû apprendre à voir mon corps changer et à l’accepter ; ce qui n’était pas une mince affaire pour moi. En effet, j’ai connu quelques troubles alimentaires pendant plusieurs années (de la troisième environ, jusque mon entrée en fac) et savoir que j’allais devoir m’arrondir n’a pas été chose facile – surtout au début, lorsque le ventre n’est pas encore bien rond (par contre par la suite, j’affichais fièrement mon gros ballon !). Ce n’était pas une question de poids car j’ai été particulièrement malade pendant 4 mois et je vomissais tout ce que j’ingérais. Autant dire que j’affichais 4 kg en moins sur la balance à 4,5 mois de grossesse (ce qui était assez étrange et interrogeait quelque peu mon entourage pour être honnête) ! A ce stade, je ne me préoccupais plus vraiment de ma silhouette et priais pour pouvoir reprendre une alimentation normale car j’étais affaiblie et nauséeuse en permanence … Petit à petit, j’ai pu me réalimenter et j’ai commencé à prendre du poids pour au final, prendre un peu plus de 6 kg – et tout dans le ventre et la poitrine ! A la sortie de la maternité, il ne me restait qu’un seul kilo à perdre et au bout d’une semaine, j’avais tout perdu sans pour autant rentrer de nouveau dans mes vêtements car mon ventre était encore gonflé. Les semaines qui ont suivi mon accouchement ont été plus difficiles concernant mon rapport au corps car je ne pouvais pas m’habiller comme je le souhaitais et je me sentais difforme ; mal dans ce nouveau corps avec lequel il me fallait désormais composer.

Aussi, j’ai été contrainte de lâcher prise – chose que je ne savais pas faire auparavant et que j’ai toujours du mal à faire encore aujourd’hui. En effet, à 2 mois de grossesse, j’ai eu un petit décollement du placenta ; ce qui a eu pour effet, non seulement de me faire vivre la pire peur de ma vie (à savoir perdre mon bébé) mais aussi d’être arrêtée et de ne plus pouvoir travailler du jour au lendemain (moi qui avait un rythme particulièrement effréné). Alitée avec interdiction de conduire en plein mois de décembre, nauséeuse et stressée, je devais alors tenter de me “détendre”. Quel euphémisme ! Je suis restée ainsi jusque fin janvier, date à laquelle j’ai pu reprendre mon activité … non sans peine. J’étais encore très angoissée et fatiguée car je ne gardais aucun repas. De plus, mon arrêt de travail était très mal passé auprès de ma hiérarchie et le retour à l’entreprise s’est fait dans une ambiance plus que détestable. Malgré tout, j’ai souhaité tenir bon et me remettre le pied à l’étrier afin de penser à autre chose et de m’occuper l’esprit plus sainement.

Tout s’est très bien passé par la suite, jusque mi-avril où j’ai dû être hospitalisée en urgence, lors de mes vacances. Je perdais du sang et j’avais très peur que mon placenta fasse encore des siennes. De plus, j’avais des contractions régulières, toutes les 3 minutes. Le gynécologue de garde lui-même ne savait pas s’il fallait me garder ou me faire rentrer chez moi car je n’étais qu’à 29 SA – autant dire qu’il était beaucoup trop tôt pour que bébé ne sorte ! Nous avons donc convenu d’un retour à la maison, plus au calme, avec un repos maximum (arrêt de travail jusqu’à la fin de ma grossesse) et une nouvelle restriction sur la conduite (seulement pour me rendre aux rendez-vous médicaux). A ce stade de ma grossesse, je me sentais littéralement “punie”. J’étais très heureuse de porter la vie, de sentir mon bébé bouger mais je vivais dans la peur permanente de le perdre ou encore d’accoucher trop prématurément (et je ne pouvais quasiment rien faire de mes journées qui devenaient bien longues …).

Après plus de 5 passages aux urgences obstétriques entre mi-avril et mi-juin, je me suis résignée à patienter et à essayer au maximum de déstresser. Pour cela, je me suis faite accompagner parce que seule, je n’y parvenais pas – beaucoup trop submergée par mes émotions. Avec le personnel hospitalier (que je finissais par connaître), nous nous fixions des échéances à atteindre : 32 SA puis 35 SA et enfin, 39 SA. Dès lors que j’approchais de l’un de ces stades, je sentais mon cœur plus léger et espérais pouvoir le dépasser pour atteindre le suivant. Au final, ils ont détecté que j’avais une inflammation du col de l’utérus, qui engendrait des saignements. Celle-ci était bénigne mais à surveiller à chaque nouvel épisode, afin de vérifier qu’il ne s’agissait pas de nouveau d’un décollement du placenta – qui aurait pu aboutir à un accouchement prématuré. 

A partir de fin mai, j’ai commencé à souffler davantage car j’ai pu reprendre une vie “normale”. J’ai donc décidé de me repouponner un peu (je n’ai d’ailleurs jamais eu des cheveux aussi beaux !), après une longue phase de leggings / jeggings dans mon canapé (tellement pas mon style pourtant). Je pouvais de nouveau conduire (sur de courtes distances), ce qui me permettait de voir du monde et de sortir un peu. En temps normal, je ne suis jamais chez moi et toujours en train de traîner, de voir du monde. J’étais donc heureuse de pouvoir revivre et avais hâte d’accoucher pour ne plus être inquiète à la moindre défaillance de mon corps ! Finalement, j’ai accouché avec 11 jours d’avance (donc 39 SA + 3 jours) – non sans une certaine fierté – et tout s’est très bien passé. Mon petit Paul est né le 2 juillet 2018, à 23h43. Il pesait 3, 125 kg et mesurait 51 cm 🙂

La grossesse a également renforcé mon couple car Cédric a été d’un soutien sans faille, un pilier sur lequel j’ai appris à me reposer – moi qui ai toujours eu du mal à accepter les mains tendues et qui suis du genre à vouloir toujours gérer mes problèmes seule. Cette fois, c’était différent car cet enfant était le fruit de notre amour, un projet que nous souhaitions mener ensemble. Il s’est donc beaucoup impliqué et m’a permis de tenir le cap lorsque cela devenait trop difficile à gérer et quand la fatigue m’envahissait.

Désirant avoir un autre enfant par la suite, je pense parfois à cette prochaine grossesse et cela m’angoisse un peu. J’espère que les choses se passeront autrement ou que je saurais les affronter différemment (et au fond je pense que cela sera le cas car j’ai tiré de bons enseignements de celle-ci, qu’il me faudra appliquer). Il paraît qu’il n’y a pas une seule grossesse qui se ressemble alors je verrais en temps voulu, dira la sagesse. Reste à accepter que quoiqu’il en soit, je ne pourrais pas tout maîtriser et qu’il me faudra bien continuer mon apprentissage du lâcher prise afin de la vivre plus sereinement que la première – même en cas de complications !

Et vous, comment s’est passée votre grossesse (ou celle de votre amie) ? Quelles appréhensions aviez-vous ? Dîtes-moi tout en commentaire !

– Jude

 

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